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S'il y a bien un livre que j'attendais cette année, c'est celui-là : l'Encyclopédie des Animés. Alors oui, « Animes » aurait été plus correct, mais ne commençons pas à chipoter – cela ressemble d'avantage à une décision marketing imposée aux équipes de rédaction. Parût ce 27 Octobre 2021, il nous est présenté dans deux versions : une vendue en librairie avec une couverture rigide (17,95€) et l'autre en kiosque avec une couverture souple (12,50€). J'ai bien sûr opté pour la première : en plus de son aspect luxueux, elle est celle qui, à mon sens, résistera le mieux aux aléas du temps. Afin d'être complet, précisions que l'ouvrage se décline également au format numérique et est proposé sur Iznéo pour 9,99€ – il s'agit donc de la solution la moins coûteuse pour se procurer ce premier volume. En effet, L'Encyclopédie des Animés est une collection dont 9 autres ouvrages sont prévus, à raison d'un par trimestre.

Qui est derrière ce projet ? La page 2 nous indique la participation d'Anime News Network et du magazine AnimeLand. La page 13 quant à elle nous renseigne sur les membres qui composent l'équipe.


Directeur : Cédric Littardi.

Rédacteur en chef : Sébastien Célimon.


Pour commencer, sur le papier, tout dans ce projet me séduit. L'ambition est démesurée : proposer une liste détaillée, illustrée et exhaustive des animes japonais (séries, OVA et films) de 1963 à aujourd'hui. Ce premier volume en l’occurrence, s'arrête à 1979. On pourrait s'interrogier sur le choix qui a été fait de commencer par la date 1963, avec Tetsuwan Atom (1er Janvier 1963 – 31 Décembre 1966). Celui-ci n'est pourtant pas la première série anime japonaise, ce privilège revenant à Instant History (1er Mai 1961 – 24 Février 1962). Ce choix est justifié dans une double page (10-11) expliquant la méthodologie appliquée : si Tetsuwan Atom n'est pas le premier anime, il est celui qui a fait entrer l'industrie dans l'ère moderne « et dont les fondements demeurent aujourd'hui. » Je suis d'accord, d'autant que même en faisant commencer la chronologie 20 mois plus tôt, on pourrait déplorer l'absence du mythique Le Serpent Blanc (1958), premier long-métrage japonais animé en couleur, ou encore de Momotaro Umi no Shinpei (1945), premier long-métrage d'animation japonais, ou encore avant lui les productions de Oten Shimokawa, Jun'ichi Kochi ou Seitaro Kitayama. Il va falloir se faire une raison : cette exhaustivité tant rêvée n'est pas possible – peut-être même pas souhaitable.


Faisons les choses dans l'ordre et revenons au début de l'ouvrage. Ce premier volume s'ouvre sur une page de note de l'éditeur, Cédric Littardi, suivi d'un avant-propos signé des équipes d'AnimeLand, où est entre autre affirmé leur volonté d'une encyclopédie qui « serait peu altérée par le temps. » À titre très personnel, c'est un objectif que je respecte. C'est quelque chose qui m'a tenu à cœur lors de la production de LA GENÈSE DE GUNDAM : je voulais que dans 10 ans le film reste le plus juste possible et ses informations de qualité. Dans la note de l'éditeur comme dans l'avant-propos est cité l'ouvrage italien Anime qui retrace dans un exercice relativement similaire l'ensemble des animes japonais jusqu'à la fin des années 80. Rien de ce genre n'ayant été fait depuis, l'Encyclopédie des Animés peut se vanter, à raison, d'être « unique au monde ». On a ensuite le droit à 4 pages d'introduction illustrées qui reviennent sur les origines de l'animation japonaise et sur certains aspects techniques de ces premières productions – ce qui peut apaiser la frustration de la non-exhaustivité évoquée plus haut. On aimerait forcément en avoir plus, mais ça serait de la gourmandise. L'ami Bruno de la Cruz m'a par ailleurs indiqué que chaque volume aurait sa propre introduction « pour parler du contexte, des genres maîtres ou par exemple de l’arrivée de l'OVA dans le volume 2. » Suivent les deux pages méthodologiques, puis une page détaillant les pictogrammes utilisés : il y a ceux qui définissent « l'univers » – le genre – et le « type de public » – la cible.



Après une dernière page consacrée à la biographie des auteurs, l'encyclopédie commence avec, donc, Testuwan Atom. Au total, de la page 14 à la page 100, c'est 370 animes qui figurent dans ce premier volume, qui s'achève avec Le Château de Caligostro, sorti le 15 Décembre 1979. La place occupée par un anime sur le papier est variable : si Gatchaman (1er Octobre 1972 – 29 Septembre 1974) prend une page entière, une autre peut contenir jusqu'à 7 animes. Cela étant dit, tous ont droit à un résumé et / ou à un historique de sa production ainsi qu'aux informations techniques et aux fameux pictogrammes. Parmi les informations techniques on retrouve : le studio, le diffuseur, la date, le format (durée, film, série ou OVA et si oui nombre d'épisodes, etc.), le réalisateur et la source (manga, création originale, etc.). En plus des pictogrammes et du texte, tout cela me semble très complet. Pour les titres, celui indiqué en gros et en orange est le titre japonais romanisé et non-phonétique et – s'il a lieu – du titre français en cas d'exploitation chez nous. Exemple : « Kagaku Ninjatai Gatchaman • La Bataille des Planètes ». C'est à mon sens le meilleur choix possible, d'autant qu'il est cohérent qui va de pair avec celui du classement via les dates de diffusion japonaises. S'il n'existe pas de titre français, une traduction du titre japonais est proposée dans les informations techniques. Exemple : « Sennin Buraku • Le Village Ermite ».



Pour finir sur la forme, à partir de la page 101, c'est le lexique. On a une page sur les termes techniques (exemples : kodomo, mecha), puis à trois pages sur les sociétés (exemples : Fuji TV, Studio Nue). Notons la présence d'un symbole « ✝ » pour les sociétés n'existant plus aujourd'hui. On a ensuite à nouveau trois pages listant cette fois tous les animes recensés dans ce premier volume, avec leur numéro attribué et la page correspondante, une page sur les noms propres (exemple : Yoshiyuki Tomino) et une page avec les titres français et la bibliographie... Et puis surprise ! La page 110 nous offre une conclusion qui revient sur ce que ce volume à couvert et qui tease le volume 2. C'est une excellente chose je trouve. J'espère également revoir cette outro à chaque volume, mais si c'est le cas pour l'intro, il n'y a pas de raison. Ce premier volume s'achève à la page 112 avec les habituels crédits photos. Mon seul regret sur la forme c'est le papier mat, auquel j'aurais préféré un papier glacé pour cette édition librairie. Pour auant, l'ouvrage reste de qualité et le rapport qualité / prix est indéniable. On a le droit à de très nombreuses d'images, mais évidemment leur qualité varie : on peut avoir un screen impeccable comme quelque chose de plus abîmé, chose normale pour les plus vieilles productions recensés, beaucoup d'entre elles n'ayant jamais été restaurées. Ça, c'était pour la forme.


Pour le fond, cela nécessite une lecture approfondie qui prendra du temps, mais je peux déjà dire que cette collection s'annonce comme un indispensable. Je tient à remercier infiniment toute l'équipe qui initie sur ce projet ! J'ai hâte de m'y plonger.
















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